Asie Afrique Océanie
Origine du tricot
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Europe (suite, fin)
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Amérique
Mots et anecdotes
 

Chaussettes turques, motifs traditionnels

Chèvre du Cachemire

Sandales getas

Dévideuse au Sénégal

ASIE, AFRIQUE ET OCEANIE

L'art de tricoter diffuse partout à travers le monde grâce aux voyageurs, aux colporteurs et aux caravanes commerciales, et aux conquêtes successives qui ont en particulier amené les colons européens, la création de comptoirs commerciaux et la mise en place d'écoles par les missionnaires.


ASIE

☻ Turquie

L'origine du tricot ? On la connat mal, mais on sait que les bas anatoliens remontent au XVIIème siècle (l'Anatolie, ou Asie Mineure est la Turquie asiatique), et que ce pays a sans doute été un point de rencontre important entre différentes traditions. On y trouve une très grande influence de la broderie et de la tapisserie (tapis et kilims), à la fois dans les motifs et la profusion des couleurs (jusqu'à huit par rang). Les bas et chaussettes sont tricotés en partant de l'orteil, et les patrons diffèrent de ceux des Balkans, car les motifs ne sont pas disposés en bandes horizontales, mais en colonnes verticales (voir photo). Le tricot est réalisé avec le fil passant derrière la nuque, et a autrefois été réalisé avec des aiguilles crochetées et en mailles torses. Les chaussettes, une grande tradition de tricot main en Turquie, renseignent sur la position sociale, le statut marital, le sexe de lenfant et le nombre denfants.

☻ Au-delà du Caucase

Les motifs et les chaussettes turques sont connues bien au-delà de la Turquie : l'Arménie, la Perse et l'Irak ont formé une zone où il y a eu de nombreux brassages de populations pendant la période ottomane (1299-1919, apogée au début du XVIème siècle). Les chaussettes tricotées peuvent donc être portées loin de l'endroit où elles ont été faites, et les peuples peuvent s'initier au tricot. Les couleurs varient en intensité selon les régions et les gots.

☻ Inde et Cachemire

En Inde, des éléments tricotés antérieurs au XIème siècle laissent les spécialistes perplexes Il est plus probable que ce soient les européens qui aient appris cet art aux indiens, en particulier les hollandais, présents sur la cte est depuis 1509, mais aussi les anglais qui en avaient fait une de leur colonies dès la fin du XVIIIème siècle (et qui ont aussi développé l'usage du coton).

On pense que le tricot fut amené au Cachemire par les européens, car le plupart des chaussettes anciennes que l'on a retrouvées sont réalisées de haut en bas et avec un façonnage du talon comme les occidentaux . On mentionne dès le XIXème siècle des gants et des bas tricotés avec le poil de la chèvre du Cachemire (voir photo).

☻ Chine, Corée, Japon

Il n'y a pas d'histoire native du tricot en Asie de l'Est. En Chine, l'origine du tricot reste obscure ; sans doute apporté par des missionnaires, le tricot ne semble pas avoir vraiment concerné les chinois, sauf les soldats islamiques ou originaires d'Asie Centrale, mais on sait aussi qu'une usine de laine était installée à Shangha en 1932. En Corée il est vraisemblable que le tricot ait été appris après son annexion par le Japon en 1910.

Au Japon, de nombreux textiles trouvés lors de fouilles archéologiques sont réalisés en nalbinding. La date exacte du début du tricot dans ce pays n'est pas connue, mais dépend des contacts européens, le premier étant l'échouement d'un bateau protugais en 1542. Une fréquentation européenne importante pour raisons commerciales se met en place, mais pendant la période Edo (1603-1867), le Japon se replie sur lui-même, tout en maintenant une relation commerciale avec les Hollandais et la Chine via Nagasaki : l'apprentissage du tricot par les Japonais commence sans doute là, comme les données linguistiques le suggèrent puisque des termes techniques de tricot encore en usage aujourd'hui apparaissent à ce moment. On pense que les geishas de Nagasaki, très familières des vêtements occidentaux (), apprennent à tricoter pendant la période Genroku (1688-1704), sans doute auprès des commerçants hollandais et portugais. La chaussette "tabi" (足袋), qui possède un doigt pour le gros orteil permet de porter des sandales avec une lanière entre le gros orteil et les autres doigts, sandales zoris (plates) ou "getas" (à talon, voir illustration) a été tricotée dès la fin de la période Edo par les samouras eux-mêmes ! En effet, leur domination sociale prend fin, c'est la période shogun ; leurs revenus diminuent et tricoter des tabis leur permet d'accrotre leur niveau de vie.

Tous ces pays utilisent préférentiellement des aiguilles en bambou.


AFRIQUE

Ce continent semble bien en plus d'être le berceau de l'humanité celui du tricot puisque toutes les fouilles archéologiques indiquent l'émergence de cette technique en Egypte au cours du XIIème siècle pendant l'époque Fatimide (969-1171). Mais il y a peu de notes le concernant.

Il semble que femmes et hommes tricotaient encore récemment en Egypte des bonnets avec des aiguilles à bout crocheté. En 1917, on décrit en Algérie, à Tlemcen exactement, un important centre commercial de laine ; on y tricotait en rond sur 5 aiguilles en laiton ayant un bout crocheté, de17/18 cm de long et de 2/2,5 mm de diamètre. Même si les algériens de l'époque portent des chaussettes européennes tricotées machine, il existe une longue tradition de tricot pour des chaussettes montant au-dessus du genou. Les bergers tricotaient les jambières, les gens de villages les chaussettes et les couvre-chefs, et les ceintures étaient auparavant réalisées en rond comme les i-cords.

Le tricot a certainement d être appris dans les écoles au cours de la colonisation en Afrique noire, en tout cas l'utilisation de dévidoir n'y était pas inconnue (voir photo).


OCEANIE

C'est la colonisation qui apporte l'art de filer et de tricoter dans cette partie du monde. Quand on sait l'importance aujourd'hui de ces pays en terme de production de laine

L'Australie n'est pas découverte avant le XVIIème siècle : plusieurs explorateurs la visitent, des hollandais en 1607, des espagnols et portugais en 1607, de nouveau des hollandais dont Abel Janszoon Tasman en 1642 qui l'appelle "Nouvelle Hollande" et qui baptise un groupe d'les voisines "Nouvelle-Zélande" en souvenir de la Zélande, province hollandaise. Les anglais viennent aussi faire un tour dans le quartier : James Cook débarque en Nouvelle-Zélande en 1769, puis en Australie dont il déclare les deux tiers propriété anglaise en 1770. La colonisation britannique se termine en 1803 en Tasmanie, en 1829 pour le reste de l'Australie puis en 1840 pour la Nouvelle-Zélande, peuplées par des anglais et des écossais. Qui apportent moutons, rouets et aiguilles à tricoter.

Le tricot démarre : jerseys, ganseys, chaussettes et bas, couvre-chefs divers et courtepointes sortent notamment des mains des "kiwis" (néo-zélandais), et les filatures s'installent.
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Tricot-Fluor
13/09/04